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Fabio, vous avez déclaré après les qualifications que vous ne pensiez pas avoir le rythme pour vous battre pour la victoire, mais au moins pour le podium. Visiblement, cela n’a pas non plus été le cas pour obtenir un top 3. Vous attendiez-vous à finir aussi loin ?

« Après le warm up je m’attendais vraiment à pouvoir me battre pour le podium car j’avais de très bonnes sensations, et même avec pas mal de tours dans les pneus, j’arrivais à très bien m’en sortir. Mais dès le début de la course j’ai senti que je n’avais pas le même rythme, et je n’ai donc fait que chuter dans le classement. Le positif dans tout cela, c’est que j’ai tout de même pu me défendre à chaque fois, même si je n’évoluais qu’en septième ou huitième position. »

Cette course s’est déroulée pour vous plus ou moins comme la seconde manche qui s’était déroulée en Aragón l’an passé. Peut-on parler de désastre concernant votre prestation ?

« Je ne dirais pas que cela a été un désastre, mais plutôt qu’aujourd’hui quelque chose s’est mal passée. L’an dernier tout avait été normal si on met à part l’erreur faite sur le choix du pneu avant. Mais aujourd’hui je ne sais pas ce qu’il s’est passé, car dès les premiers tours j’ai eu l’impression que mon pneu arrière était complètement usé. Il va falloir que j’analyse cela plus en profondeur, mais ce qui est sûr c’est que j’ai ressenti des sensations étranges du premier tour jusqu’à la fin de la course. »

Ce que vous racontez est assez proche de ce qu’a pu expliquer d’autres pilotes, à l’instar de Pecco Bagnaia à l’issue du Grand-Prix de Grande-Bretagne cette saison, à savoir que parfois un même pneu peut procurer des sensations très différentes d’un pilote à un autre. Pensez-vous que votre résultat du jour est lié à ce genre de problème ?

« Je ne peux pas être totalement affirmatif concernant les pneus, mais ce qui est sûr c’est que je n’avais jamais eu ce type de feeling jusqu’ici lors des autres weekends. Dès le début je n’ai pas eu les sensations habituelles que ce soit au freinage, au niveau du grip ou bien encore de la traction. Il est donc évident que quelque chose ne s’est pas passée comme prévu, d’autant plus sur un circuit qui, comme celui-ci, ne nous facilite pas la tâche en termes de dépassements. »
« Nous, les pilotes Yamaha, perdons en effet trois ou quatre dixièmes entre le virage 15 et le premier virage. Nous parvenons par la suite à récupérer tant bien que mal le terrain perdu dans les virages, mais cela rend tout de même tout dépassement impossible. »

Malgré votre résultat du jour, vous menez toujours le championnat par plus de cinquante points. On ne peut donc pas vraiment parler de désastre au niveau du championnat non plus…

« Ce n’est clairement pas un désastre, et si on regarde bien nous n’avons fait qu’accroître notre avance depuis le Sachsenring. Même en Autriche nous sommes parvenus à creuser l’écart. J’en ai parlé avec mon ingénieur, et on s’est dit que je pouvais aussi très bien perdre des points sur une manche donnée. »

« Et aujourd’hui c’est arrivé, mais compte tenu des points que nous avons pu prendre sur la concurrence depuis le Sachsenring, on ne peut vraiment pas qualifier cela de désastre. Nous devons simplement faire en sorte de comprendre ce qui nous est arrivé aujourd’hui. »

On a pu apercevoir un grand nombre de vos fans en tribune ce weekend, souvent bon enfant et assez exubérants. Quel est votre sentiment vis-à-vis de cela ?

« Je trouve cela formidable, et j’ai l’impression que course après course, j’ai de plus en plus de monde qui me soutient. Et c’est vrai qu’ici c’était particulièrement drôle car il y avait plein de monde qui avait fait le déplacement pour me soutenir. Je pense que cela a été une bonne chose pour moi que de sentir le soutien de tous ces supporters. »

Entre Pecco Bagnaia et Joan Mir, qui pour toi est le plus dangereux adversaire ?

« Je dirais Bagnaia, car il est très fort à Misano, et il a fait deuxième au Portugal. A Austin on ne sait pas ce qu’il va donner exactement, mais ce qui est sûr c’est que cette victoire va lui donner un boost, car il la mérite. J’en parlais d’ailleurs pas plus tard qu’hier, notamment de la pression que lui mettaient les médias. Après, je pense qu’il est important pour nous de rester concentrés sur notre boulot et de ne pas trop s’attarder sur ce que font les autres. »

Tu n’as sans doute pas encore eu le temps de revoir la course, mais la bataille opposant Bagnaia à Marc Márquez a rappelé celle avec Dovizioso du temps où il évoluait bien sûr chez Ducati, mais aussi celle que tu as pu avoir avec lui en 2019. Aimerais-tu revivre des derniers tours animés comme ceux-là ?

« Oui, bien sûr. J’ai pu revoir des extraits où Bagnaia et Marc se battent ensemble et je dois dire que ce fut une très belle course. Bagnaia mérite vraiment sa victoire car il a très bien travaillé tout le weekend, même avec les pneus usés, et que ce soit en qualifications ou en course. Il mérite donc vraiment sa victoire car il est vraiment allé la chercher. Je lui adresse toutes mes félicitations. »

On a constaté lors des dernières courses que plusieurs pilotes disposant à priori des mêmes pneus se plaignaient pourtant de différentiels de performance. Cela semble s’être de nouveau déroulé aujourd’hui, aussi est-ce qu’il y a des explications de la part de Michelin sur ce sujet ?

« Pas encore, mais ce qui est sûr c’est que c’était bizarre de voir ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Et sincèrement je ne suis pas content car je savais très bien que j’avais un rythme après le warm up qui pouvait me permettre de viser le podium ou au minimum le top 5, mais sans doute pas de finir aussi loin. Il faut donc vraiment comprendre ce qu’il s’est passé, car on a vraiment terminé très loin des premiers. »
Propos recueillis sur paddockgp