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Fabio, vous étiez déjà très présent hier, incroyable en FP4, et maintenant en pole position. Comment vous sentez-vous ?

Fabio Quartararo : « avant tout, c’est une pole position mais elle n’a pas le même goût que d’habitude. Nous avons vu que Bagnaia a été extrêmement rapide sur un tour, donc je suis davantage heureux de la FP4 et de la FP3 que pour cette pole position. Mais l’objectif principal était de partir en première ligne et nous l’avons atteint, et même avec la pole position. Donc je me sens vraiment bien mais c’est dommage car lors du dernier tour j’ai eu de grosses secousses à la sortie du dernier virage et nous aurions pu améliorer un petit peu davantage le chrono. Mais je me sens heureux et je sais le rythme que je peux avoir, et je dédie celle-là à mon équipe. »

Fabio, même si la qualification a connu un rebondissement, vous avez été très fort durant toute cette journée. Bien joué !

Fabio Quartararo : « Merci beaucoup ! Oui, la saveur de cette pole position n’est pas exactement la même que pour les autres, mais comme je l’ai dit avant, le plus important était de partir de la première ligne et nous avons atteint notre objectif. Mais oui, avant tout, le meilleur était le rythme de ce matin avec des pneus usés, et le rythme était également très bon en essayant les pneus cet après-midi. Avec les pneus usés de ce matin, je pouvais attaquer un petit peu plus mais nous voulions être davantage du côté sécuritaire des pneus et c’était très bien. Donc oui, je suis très heureux du rythme et du travail de l’équipe. »

Vous avez essayé le pneu arrière médium et le pneu arrière dur. Savez-vous lequel vous allez utiliser demain, car il semble que les conditions de piste changent tout le temps ici ?

« Oui, cela change chaque fois, et c’était différent ce matin de cet après-midi, mais il semble que les deux pneus fonctionnent bien. Pour le moment, je me dirige plus vers le médium mais nous verrons demain si nous essayons le dur durant le warmup. Mais je suis en confiance avec les deux pneus et quel que soit celui que je prendrai entre le médium et le dur, les deux sont une bonne option pour la course. »

Nous avons vu pas mal de chutes durant ces deux jours. Est-ce le fruit du hasard ou à cause de l’état du circuit ?

« Il y a sur ce circuit quelques endroits dans les virages où c’est bosselé. Pour moi, le dernier virage est dangereux mais on s’y habitue. Nous savons que c’est un circuit rapide et qu’il est facile de commettre une erreur, donc au final on s’y adapte pendant le weekend. Pour moi, la piste est en très bonne condition sauf simplement le dernier virage comme je l’ai dit avant. Mais je sens aussi que tout le monde attaque à la limite et c’est pourquoi nous avons vu beaucoup de chutes : Avec les montées et les descentes, c’est assez facile de commettre une erreur, mais les conditions de piste sont bonnes. »

Vous vous êtes fait deux bonnes chaleurs aujourd’hui. Était-ce particulièrement glissant ?

« En qualification, nous attaquons beaucoup et j’ai un peu élargi au virage sept. Mais j’ai continué à ouvrir les gaz et ma roue avant s’est retrouvée entre les vibreurs et la ligne blanche. J’ai alors bloqué l’avant mais heureusement j’ai pu partir au large sans prendre trop d’angle. Mais oui, nous sommes simplement à la limite en qualification, et j’ai aussi eu de gros louvoiements dans le dernier virage. Je ne sais pas pendant combien de mètres mais c’était très long ! Mais ce sont les qualifications et nous devons nous battre pour la meilleure position que nous pouvons. »

Nous avons vu une grosse chute aujourd’hui et les images ont été repassées en boucle pendant que vous étiez dans les box. Est-ce une bonne chose ?

« Honnêtement, je suis sorti du box. Je suis sorti et j’ai attendu. Vous savez, ce n’est pas super, même pour la famille. Ils indiquent si le pilote est conscient ou pas, et c’est tout. En ce qui me concerne, il restait quatre minutes dans la séance et tout le monde allait attaquer comme le diable, donc pour moi ce n’est pas une bonne idée de remettre à chaque fois en replay la chute : Nous savions qu’il avait fait une grosse chute et nous l’avions vu au sol. Je pense que ce ne sont pas des bonnes images à voir, pour nous, mais avant tout pour la famille, qui ne s’est pas vraiment…
Pour moi, ce n’est pas super. »

Dans les années 90, il y avait régulièrement des pilotes en tête en 250cc et 350cc, mais c’est nouveau d’avoir deux Français devant en catégorie reine. Cela va-t-il devenir une habitude et comptez-vous la perpétuer toute l’année ?

« Comme je l’ai dit avant, nous étions au Qatar ensemble et nous sommes maintenant ici ensemble. Je pense que ce serait facile de s’habituer à être à la conférence de presse, et cela serait une bonne nouvelle nouvelle. Bien sûr de mon côté, je suis sûr que du côté de Johann aussi, nous voulons être devant, et c’est bien de voir qu’il n’y a que deux pilotes français en MotoGP et que nous nous battons devant. C’est une bonne nouvelle pour notre pays. »

Aujourd’hui, vous avez paru très à l’aise sur votre moto. Étiez-vous aussi à l’aise qu’en 2019 ?

« Honnêtement, au Qatar j’étais non pas inquiet mais anxieux de voir le comportement de la moto à Portimão, car nous savons qu’elle fonctionne bien au Qatar. Dès que je suis arrivé ici, j’ai dit “OK, maintenant je suis plus proche de 2019 que de 2020”, ce qui était une très bonne nouvelle. Mais oui, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien sur la moto car parfois vous attaquer à la limite et le chrono ne vient pas, mais aujourd’hui c’était simplement une grande fluidité, et cela signifie que vous vous sentez à l’aise. Oui, honnêtement cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ça sur une moto. »

Pouvez-vous donner plus de précisions sur le ressenti entre la moto de l’année dernière et celle de cette année ?

« Pour moi, la grande différence en étant rapide est que le comportement de la moto de l’année dernière ne procurait aucun feeling en tournant, et la moto partait beaucoup à l’extérieur. Cette année, quand nous voulons tourner et que nous nous aidons avec les gaz, la moto tourne et nous avons ce genre de feeling sur l’avant que nous avons beaucoup eu au Qatar pour doubler : Nous sentons la limite ! Avec la moto de l’année dernière, je tournais mais je ne savais pas si j’allais chuter ou pas. Il n’était vraiment pas facile de comprendre la moto, et oui, il semble que cela soit bien mieux cette année et c’est pourquoi je suis davantage heureux d’être en première ligne aujourd’hui, car j’ai senti en FP3 et en FP4 que j’avais un excellent feeling avec la moto comparé à l’année dernière. »

Vous avez dit que votre moto était plus agressive. Le sentez-vous dans votre corps en fin de journée ?

« Honnêtement, je me sens très bien sur la moto comparé à l’année dernière : Comme je l’ai dit, il y a plus de feeling et plus de fluidité. Mais selon moi, la moto est beaucoup plus exigeante que l’année dernière et qu’il y a deux ans. Mais vous savez, notre travail en dehors des courses consiste à être en forme, et je me sens vraiment bien, mais c’est vrai que c’est différent de 2019 où la moto était… Disons que quand je suis arrivé en MotoGP, j’ai entendu dire que la Yamaha était une moto facile. Il n’y a pas de MotoGP facile mais elle était plutôt conviviale, alors que celle-ci vous devez à chaque fois attaquer très fort pour faire un chrono, et aussi pour avoir un bon rythme. Elle est donc plus exigeante que la 2019 mais je me sens bien dessus ! »

Propos recueilli (en accord) sur « paddockgp« .