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Fabio, vous avez chuté en course. C’est un peu le même scénario qui se répète car l’an passé Joan Mir avait chuté dans la course suivant son titre, tout comme Marc Márquez en 2019. Le fait d’être titré vous a-t-il causé un manque de concentration ?

« Pour être honnête non, car ce matin mon rythme était bon et tout le weekend a été bon, si ce n’est samedi après-midi. Franchement quand j’ai chuté je me suis dit que j’allais bien voir ce qui allait se passer, car si je n’avais pas eu cet accident je me serais fait rattraper par les autres pilotes. »

« J’ai donc voulu continuer à attaquer, mais cela n’a pas marché. Au moins le côté positif dans tout cela c’est que j’ai pu voir les points négatifs que nous avons sur la moto en comparaison des autres motos, mais aussi les points positifs. Le fait est que nous devons absolument progresser en termes de vitesse de pointe car c’est vraiment un cauchemar pour dépasser. D’ailleurs dans les faits il nous est impossible de dépasser. »

La course de Moto3 a beaucoup fait parler d’elle, en raison de l’accident entre Dennis Foggia et Darryn Binder [le pilote sud-africain a harponné l’arrière de la moto de l’Espagnol dans le dernier tour, alors que ce dernier défendait ses chances de titre et a finalement tout perdu suite à cet accrochage]. Quelle votre opinion sur cet accident ?

« C’est un sujet difficile, mais il faut vraiment être très prudent quand deux pilotes se battent pour le championnat. Il faut toujours faire en sorte de garder un peu de marge, et là il n’y en a eu aucune. C’est dommage que cela se termine comme cela dans le dernier tour. Je n’ai pas d’opinion claire sur le sujet, tout ce que je peux dire c’est que c’est vraiment dommage, et que ce n’est pas la première fois que cela arrive. »

Pensez-vous que le MotoGP devrait se munir d’un système comme il en existe en Formule 1, c’est-à-dire une Super Licence [tout pilote impétrant dans la catégorie reine doit totaliser un nombre de points donné pour justifier de son expérience et de sa capacité à évoluer dans le championnat, ndlr] ?

« Quand on prend le cas de Deniz Öncü et de ce qu’il s’est passé à Austin, il n’a pas été question de Super Licence mais d’une interdiction de deux courses. C’est vrai que l’accident qui a eu lieu là-bas a été très effrayant, mais au final ce qu’il s’est passé est très similaire. Je pense qu’il faut être très vigilant avec le Moto3. »

A Misano tu étais 15e sur la grille, et tu étais parvenu à remonter jusqu’à la troisième place [avant que Quartararo ne se fasse dépasser dans le dernier tour par Enea Bastianini et finisse quatrième de l’épreuve, ndlr], mais ici tu n’as pas été en mesure de réitérer cette performance. Est-ce que le manque d’accélération de la Yamaha est plus sensible ici qu’à Misano ?

« Les accélérations ici sont vraiment sensibles : On dispose d’une grande ligne droite où on peut faire de bonnes accélérations, mais après sincèrement il y a de très gros freinages, et c’est un domaine dans lequel les Ducati excellent. Franchement ce fut un des pires circuits pour nous, et c’est frustrant car j’étais derrière Jorge Martín pendant 15 tours, et j’étais intrinsèquement une demi-seconde plus rapide, et pour autant je suis resté coincé derrière. C’était vraiment frustrant, car c’est une course où j’aurais pu vraiment m’amuser, et finalement cela n’a rien eu de drôle et cela a été plus un cauchemar qu’autre chose. »
Propos recueillies sur Paddockgp