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Fabio Quartararo : « Pour être honnête, mon départ n’a pas été le meilleur. Avant la ligne droite j’étais septième, donc je n’étais pas si mal. Mais ensuite, je me suis fait doubler dans la ligne droite et, globalement, les trois premiers tours ont été un cauchemar que je n’avais pas d’adhérence. Vous savez, le virage 6 est très facile car vous le passez en mettant autant de gaz que possible tout en essayant de ne pas faire trop chauffer le pneu, mais globalement ils s’échappaient à chaque fois dès le premier tour. C’est purement une question d’adhérence et les trois premiers tours ont été un désastre. J’ai perdu des positions mais après trois ou quatre tours, l’adhérence était un peu meilleure. Mais ensuite, pour doubler, j’ai directement senti que l’adhérence n’était pas la même et c’est frustrant quand vous vous êtes senti bien durant toutes les séances. Puis arrive la course et c’est complètement différent, et c’est pourquoi c’est vraiment frustrant. Mais, à la fin, quand les motos ont redéposé de la gomme Michelin sur la piste, j’ai pu aller plus vite, mais c’était trop tard et j’étais trop loin. »

Sur le papier, c’est un circuit qui convient bien aux Yamaha et vous vous êtes bien comporté durant toutes les séances. Pensez-vous qu’il s’agit d’une opportunité manquée ?
« Ce circuit n’est pas le meilleur pour Yamaha car il y a une ligne droite qui est plutôt importante, mais j’ai fait de mon mieux et je n’ai pas renoncé. Faire mieux qu’aujourd’hui était difficile car j’ai senti que je perdais beaucoup de positions mais pour être honnête je n’ai pas senti avoir commis beaucoup d’erreurs. Vous savez, quand les autres vont mieux que vous, ils peuvent bien mieux préparer les dépassements, et c’est pourquoi j’ai perdu toutes ses positions. Malheureusement, nous n’avons pas eu de vrai contrôle de l’arrière. Dès le tour de chauffe, j’ai directement senti que ça allait être difficile, mais la course est terminée et nous devons nous concentrer sur la prochaine. »

En début de saison, vous attendiez-vous à voir une Aprilia et une KTM en tête du championnat ?
« Bien sûr, vous ne savez jamais à quoi vous attendre mais je ne me serais jamais attendu à voir Aprilia et KTM aux premières positions, mais après la pré-saison tout le monde était très rapide. Oui, il y a beaucoup de surprises mais je ne m’attendais pas à être, non pas si loin car je suis à 10 points, mais à peiner autant. »

Les trois premières courses ont été remportées par des V4. Cela vous inquiète-t-il ?
« Pour le moment, cela ne m’inquiète pas, Mais on ne sait jamais. »

Aleix Espargaró a remporté sa première victoire au bout de 200 Grand Prix. Imaginez-vous sa joie ?
« Pour être honnête, je suis vraiment heureux pour Aleix ! Je suis très fier pour lui : il semble toujours en colère mais vous ne le voyez jamais avoir de grosses récriminations envers son équipe et il a vraiment travaillé dur pour obtenir cela. Je suis très heureux pour lui, mais nous devons l’arrêter (rires) en course. Vous savez, quand j’ai rapporté ma première course, c’était un des meilleurs jours de ma carrière et j’imagine que pour lui c’est à un autre niveau, je suis donc vraiment heureux pour lui car il le mérite. »

Et pour Aprilia ?
« Et pour Aprilia, bien sûr ! Vous savez, quand vous venez de si loin, car je me rappelle de la première année Melandri, ils étaient vraiment loin. Mais ils sont devenus de plus en plus forts et ils sont maintenant une moto et des pilotes très compétitifs, donc grandes félicitations à eux ! »

On a vu des résultats très inconstants d’une course à l’autre : où se situe Yamaha dans la hiérarchie et cela peut-il être mieux la semaine prochaine au Texas ?
« Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Je pense que ça dépend d’énormément de choses. Selon moi, les autres motos peuvent s’habituer à plus de circonstances que nous, alors que pour nous il faut qu’on ait des conditions très bonnes. C’est ça qui est frustrant, mais bon, on verra bien la semaine prochaine et quoi qu’il en est il faudra essayer de donner le maximum de soi-même. »

Tu dis que la situation s’est améliorée quand on a commencé à avoir un peu plus de gomme Michelin au sol. Ça veut dire que tu penses toujours que le fait d’avoir des Moto2 et Moto3 avec des Dunlop avant, ça te perturbe ?
« En tout cas, ça perturbe plus notre Yamaha que les autres, car comme je l’ai dit tout à l’heure, le virage numéro six est un virages très facile en tant que pilote, et quand on voit quelqu’un qui s’en va devant toi sur ce genre de virages, c’est frustrant parce que tu sais que tu ne peux rien faire : c’est seulement le fait du peu de grip de la moto et du pneu. Mais surtout, ça ne marchait pas au début. Ça ne marchait pas au début et c’était un petit peu mieux à la fin, mais toujours moins bien que les autres, donc c’est vraiment frustrant. »

Avec 9 pilotes différents sur le podium en 3 courses, comment tu analyses ce début de saison ?
« Sincèrement, j’analyse qu’on est en difficulté parce qu’on a besoin de trop de paramètres pour que notre moto fonctionne. Sincèrement, on n’est pas en très bonne position mais je pense qu’il faut s’enlever de la tête ces choses là et être concentré à tout moment pour que, dès qu’il y a une opportunité, il faut réussir à donner son maximum comme je l’ai fait en Indonésie. Mais sincèrement, c’est vraiment dur : je ne m’attendais pas à trois premières courses aussi dures quand c’était l’année dernière. Donc on verra bien, maintenant on a une autre course à Austin et je pense que pour moi il va vraiment falloir se donner. »

Le fait d’être champion du monde peut-il t’aider à gérer cette situation plus compliquée cette année ?
« Ça peut m’aider, oui, parce que l’année dernière j’ai aussi eu des moments un petit peu difficiles, mais je n’ai pas vraiment eu des moments où je sentais que la moto est vraiment autant inférieure aux autres. Je pense que ce sont des nouvelles choses pour moi et qu’il va falloir rester calme. C’est sûr que l’année dernière, ça m’aide à rester un peu plus calme. Ce sont plein de nouvelles choses qui se sont mises sur cette course là. »