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Fabio Quartararo : « Je dirais que je suis super heureux aujourd’hui car hier, j’ai dit que la position était mauvaise mais que nous avions senti quelques progrès. Ce matin, sur une piste totalement humide, on a fini à moins d’un dixième de Miguel. Puis en FP4, dans des conditions mixtes, nous avons fini cinquième, alors que les conditions mixtes avec des slicks sont les pires pour moi. Je pense que comme tout le monde, ils ont annulé mon dernier tour, mais ce n’est pas ce qui est dommage. C’est que j’ai raté un tour supplémentaire pour deux secondes à cause du drapeau à damier. C’est ça qui est dommage ! Mais je suis vraiment très content et si quelqu’un m’avait dit avant de commencer la Q2 que je serai en deuxième ligne, j’aurais signé. Je suis donc heureux. »

A quel point était-ce délicat pendant la qualification ?
« Pour être honnête, nous avons eu la chance que ce soit un peu plus sec en Q2. Nous nous sommes faits quelques petites chaleurs (rires) mais c’était bien, car selon moi c’était dangereux de piloter en Q1. Bien sûr, le but de chacun est de passer en Q2, mais les zones d’humidité étaient vraiment dangereuses à passer avec des slicks. Vous avez vu, le premier était Gardner, puis Fernández, Bagnaia, Bastianini, et tous sont connus de grosses chutes, donc c’était dangereux, et c’était beaucoup mieux en Q2 même s’il restait trois virages où c’était très délicat. »

Ce genre de conditions pourraient-elles vous aider pour le départ ?
« (Rires) Normalement, le départ, quand vous n’avez pas besoin de passer la quatrième vitesse, c’est OK : ce n’est pas un problème pour nous. Le problème est comme au Mugello, à Barcelone, quand vous arrivez avec beaucoup de vitesse. Ce n’est pas seulement gérer pour faire un très bon départ, mais c’est davantage essayé de gérer la première impulsion : le lâcher d’embrayage, puis cela n’a rien à voir avec la puissance. Donc tout est dans ma main : si je fais un mauvais départ, c’est de ma faute, pas de celle de la puissance. »

Pouvez-vous vous battre pour le premier virage ?
« Oui, mais, vous savez, les départs ont toujours été positifs cette année, mais pour être honnête, ici, depuis que j’essaye, je n’ai fait que des mauvais départs. Donc espérons que tout soit mauvais mais que ce soit bien pour la course, si on peut faire un bon départ. »

Les accidents de Francesco Bagnaia et Enea Bastianini peuvent compromettre leur chance dans une saison aussi longue. Pensez-vous à ça quand vous commencez la qualification ?
« Non, pas du tout ! Je me rappelle qu’à Silverstone l’année dernière, j’ai chuté et je me suis vraiment froissé la cheville. Cela peut arriver. C’est quelque chose de vraiment petit, mais si vous pensez déjà à la cinquième course à ne pas commettre d’erreur, dans ce genre de conditions, vous savez que vous allez faire une qualification de merde. Vous devez y aller et voir ce qui se passe, et c’est ce que j’ai fait l’année dernière : ne pas penser aux risques ! Bien sûr, il ne faut pas prendre de risques pour rien, mais au moment où vous devez attaquer, vous devez prendre des risques. »

il y a 21 courses, donc une petite erreur peut coûter cher…
« Oui, c’est ça. C’est bien de mettre davantage de course mais pour nous, ce n’est pas de la Formule 1. En Formule 1, c’est très bizarre quand on voit un pilote se blesser en se fracturant une clavicule. Je n’ai jamais vu ça. Mais pour nous, cela va très vite: aujourd’hui, les quatre chutes aurait pu engendrer quatre clavicules, en considérant les chutes qu’ils ont eues ! Et bien sûr, si vous vous fracturez quelque chose, vous ratez beaucoup de points et beaucoup de courses. »

Hier, vous avez dit que vous aviez trouvé quelque chose en regardant les données de Dovizioso. Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agissait ?
« Pour être honnête, nous avons constaté que nous n’avions pas pu chauffer le pneu hier. C’était exactement dans les endroits où je sentais vraiment que je n’avais pas de feeling, et ce matin, sur le complètement mouillé, nous avons davantage chargé un peu l’arrière pour avoir plus de poids et de température. Et dès le premier tour, directement, j’ai senti que c’était beaucoup mieux. Pour être honnête, je suis heureux car hier était une journée étrange pour moi, et même certaines personnes m’ont demandé pourquoi j’étais si calme. Car je me souviens qu’il y a quelques courses, si j’avais fini 20e, quelles que soient les conditions, j’aurais tout cassé dans ma tête ! Alors que j’ai été super calme. Et ce matin, j’ai géré pour que tout soit vraiment bien. »

D’après vous, qui va être le plus dangereux demain ?
« C’est du hasard, mais si vous regardez les résultats des années passées, vous voyez que Mir a fait deux podiums l’année dernière à chaque course, donc vous savez qu’il va être très rapide. Je pense que le top cinq, et bien sûr davantage, mais le top cinq a le potentiel pour vraiment se battre pour le podium demain. Je me souviens que Aleix Espargaró était très rapide, Zarco se battait pour le podium lors de la première course, Miller a fait un podium à la dernière course ici, donc tous ceux qui sont devant maintenant ont le potentiel de se battre pour une bonne position. »

Voyez-vous un autre pilote, qui n’est pas dans le top cinq ?
« Oui, bien sûr Marc (Márquez) ! Et puis, ça va être difficile, mais selon moi Álex Rins est très très rapide mais il part de très loin, donc il sera difficile pour lui de remonter. Mais disons qu’il y a beaucoup de personnes qui peuvent se battre pour le podium et la victoire. »

Pour progresser, tu as mis plus d’appui sur l’arrière, c’est ça ?
« On va dire qu’on a essayé de mettre plus de poids sur l’arrière pour faire monter la température du pneu, et ça a marché, donc ça a été quelque chose de bon. »

Et sur le mouillé, apparemment Mandalika qui était spécial, c’est ici que tu as eu les meilleures sensations ?
« Oui, largement ! Largement parce que j’étais derrière Miguel (Oliveira), qui a gagné la course à Mandalika, et Mir qui était sixième je crois. Donc c’était pas mal. »

Les données des autres pilotes Yamaha t’ont aidé ce matin pour améliorer dans les secteurs où tu n’étais pas bon ?
« Ça m’a aidé par ce que j’ai vu où étaient mes points faibles et je pense que c’était important pour moi de rester concentré là-dessus. Mais on va dire que le step, je l’ai vraiment fait moi, et c’était important de comprendre où je pouvais améliorer. »

Comment vois-tu la course avec trois Ducati devant ?
« On verra bien ! Je ne sais pas comment la voir mais ce qui est important, c’est de rester calme. Je me rappelle que l’année dernière j’étais resté un petit peu derrière les deux Pramac et j’avais eu beaucoup de difficultés, mais sincèrement il faut que je reste concentré et que j’essaie de faire un bon premier tour. »

Au Qatar 2, L’année dernière, tu as pu doubler sans avoir de problèmes de surchauffe du pneu avant. Ici, c’est que tu étais resté trop longtemps derrière les Ducati ?
« Non. A la première course, j’étais quatrième ou cinquième, et dans l’autre course j’étais huitième ou neuvième. Avec les Ducati, ça faisait vraiment le yoyo et je n’arrivais pas à doubler. Il va falloir trouver des bons points stratégiques pour doubler parce qu’ici, c’est un peu difficile de trouver des solutions pour faire des dépassements. »