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Fabio, encore un pilotage superbement impressionnant. Je ne pense pas que vous auriez pu faire plus pour vous battre contre la Ducati et l’Aprilia, et rapporter 20 points.
Fabio Quartararo : « Oui, en particulier parce que durant tout le weekend je ne me suis pas senti bien avec la moto. Nous avions un nouveau carénage qui, globalement, nous a perturbé pendant tout le weekend. Je ne me sentais pas bien mais nous pensions qu’une telle petite différence sur le carénage n’était pas le problème, et nous avons décidé pour la course de revenir à notre moto standard. Nous avons perdu un peu de vitesse de pointe, mais vous savez, quand vous avez une aspiration devant vous, ce n’était pas si mal. Durant tout le weekend, je ne me suis jamais plaint de la vitesse car l’année dernière je pilotais très vite et notre rythme était bon, et cette année non. J’ai donc décidé de partir avec la moto normale et je suis vraiment heureux de terminer à cette position, ainsi que de m’être battu comme un diable pour doubler les Ducati. »

Vous avez piloté à la limite sans commettre la moindre erreur, ce qui est particulièrement difficile sur ce circuit…
« Oui, j’étais à la limite. À de nombreuses reprises, et en particulier une fois mais je ne me souviens plus si c’était avec Luca (Marini) ou Marco (Bezzecchi), il m’a doublé dans la ligne droite puis j’ai relâché les freins. Il était en train de tourner mais je ne voulais pas perdre cette position, donc j’ai relâche les freins mais j’ai senti que le train avant bougeait énormément. C’était donc vraiment bien de rester à cette deuxième position et de marquer ses 20 précieux points. »

En parlant de points, vous augmentez votre avance au championnat avant d’arriver à Catalunya…
« Oui, Catalunya est un circuit que j’aime vraiment. L’année dernière, nous étions très rapides là-bas. Mon cuir s’est ouvert là-bas, donc, nous allons nous assurer de le garder bien fermé cette année et essayer d’être aussi rapides que l’an dernier car le rythme était très fort là-bas. Je sens que j’arrive avec beaucoup de confiance et il n’y a que quelques jours à attendre avant Barcelone. »

Pouvez-vous expliquer pourquoi il est possible de doubler ici alors que lors de deux dernières courses cela semblait très difficile ?
« Mon avis, ce dont j’ai besoin pour doubler, ce sont des virages comme les 2 et 3, où il y a des changements de direction. Dans le premier tour, j’ai presque perdu l’arrière dans le virage 2 et je pense que dans ce genre de virage, comme l’enchaînement entre le 2 et le 3, ou le 6 et le 7 où j’ai doublé Bezzecchi, je peux faire de très bons changements de direction. Et quand il y a de la vitesse de passage, c’est vraiment bien pour nous : ce genre de circuit est bien meilleur car il est beaucoup plus facile d’y doubler. »

Vous dîtes que vous avez utilisé l’ancien carénage. Normalement, quand vous avez une mise à jour, c’est supposé être mieux. Qu’est-ce qui vous a déçu ?
« Bien sûr, quand vous avez une évolution, vous vous attendez à vous sentir mieux. Mais quand vous recevez une évolution, et j’attendais ce carénage qui procure plus de vitesse depuis le début de la saison, il procure un peu plus de vitesse de pointe, mais vous devez considérer le positif et le négatif, et le carénage avait beaucoup plus de négatif que de positif.
On a été malin avec l’équipe de se dire « ok, c’est bien parce qu’on est 1 km/h plus rapide mais on doit revenir à l’autre parce qu’on perd beaucoup trop dans d’autres domaines ». Je pense donc que c’était une bonne décision de revenir à quelque chose de sûr. Évidemment, c’est décevant mais on savait que l’ancien carénage fonctionnait très bien aussi. »

Allez-vous utiliser ce nouveau carénage ailleurs ?
« On va essayer. Peut-être à Barcelone. Globalement, c’est un carénage pour les longues lignes droites car il y a deux ailerons en moins. On l’essaiera peut-être à Barcelone mais s’il ne fonctionne pas et qu’il dérange mon style de pilotage, nous reviendrons directement à l’ancien. »

À quel point a été crucial pour votre course de résister à Luca Marini et Marco Bezzecchi au freinage de San Donato ? S’ils vous avaient doublé dans la ligne droite, votre course aurait sans doute été très différente…
« S’il m’avaient doublé au premier virage, j’aurais dû les attaquer au virage trois. Immédiatement ! Car je savais que si je les doublais dans la dernière partie du circuit, ils m’auraient redoublé dans la ligne droite. Je devais doubler relativement tôt dans le tour. J’ai été très impressionné par mon départ car je pense que j’ai fait un de mes meilleurs départs, mais malheureusement j’étais trop sur la gauche. Mais bien sûr, c’était crucial pour moi de rester devant à l’entrée du premier virage. Un tour, je ne me rappelle plus si c’était Bezzecchi ou Marini, j’étais vraiment limite sur l’avant mais je ne voulais pas perdre la position : je suis parti au large avec lui, mais je voulais rester à la deuxième place et ne pas la perdre. »

Maintenant qu’on est revenu en Europe et que vous avez retrouvé vos marques, pensez-vous que tous les trois (Francesco Bagnaia, Fabio Quartararo, Aleix Espargaró ) vous pouvez vous battre pour le titre cette année ?
« Je pense que oui ! Tous les trois, actuellement, on pilote très bien. Bien sûr, il y a d’autres pilotes qui peuvent se battre pour la victoire, et aussi pour le championnat, mais je sens qu’actuellement, tous les trois nous pilotons vraiment bien. Donc oui, je peux dire que nous sommes tous les trois une partie des favoris pour le titre. »

Votre opinion sur la situation de Marc Márquez ?
« J’ai répondu hier, mais selon moi Marc était, et est, le meilleur pilote des 10 dernières années. Il a connu deux dernières années très dures. Vous savez, pour un pilote, déjà avoir une blessure et revenir est difficile. Il est revenu, il a remporté trois courses l’année dernière, il s’est battu et n’a jamais renoncé. Quelle que soit la décision qu’il allait prendre avant la conférence de presse, je le soutenais et je lui souhaite le meilleur des rétablissements. Espérons-le, il reviendra et il aura de superbe bagarre comment 2019. »

C’était un peu la même course pour vous qu’à Jerez, puisque vous étiez derrière Francesco Bagnaia. Avez-vous pensé à un moment que vous alliez pouvoir le rattraper, ou saviez-vous comme à Jerez que c’était impossible ?
« C’était une situation différente mais un résultat semblable. À Jerez, je savais que je ne pouvais rien faire car nous avions des rythmes très semblables et mon pneu avant était beaucoup trop chaud. Aujourd’hui, nos rythmes étaient très similaires mais il était plus rapide dans un secteur et j’étais plus rapide dans un autre. Nous faisions comme ça (l’élastique). Globalement, je savais que je ne pouvais pas le rattraper mais j’avais Aleix, Bezzecchi et tout le monde derrière moi, donc je ne pouvais pas ralentir. Je devais donc attaquer comme le diable et je ne regardais même pas le muret, j’avais juste cet état d’esprit « OK, si je rattrape Pecco, ça veut dire que je suis rapide ». Donc je le rattrapais plus ou moins : il prenait 2/10, j’en reprenais un ou deux, et c’était très bien, mais P2 était le mieux que l’on pouvait faire aujourd’hui. »