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Fabio, la télévision on a dit que vous aviez piloté comme un lion : ce n’est pas une victoire, mais ça en a le goût…
Fabio Quartararo : « Oui, cela a été une très belle course. C’est dommage que nous n’ayons pas fait un excellent départ et des très bons premiers tours car je peinais un peu avec l’avant pour le chauffer. L’arrière également et j’ai vu que Joan (Mir) avait subi une grosse chute au virage 4. Cela a pris un tour ou deux pour les chauffer puis j’ai pu prendre mon rythme. C’était très bien mais je peinais à doubler. Je sentais qu’aujourd’hui j’étais super agressif et j’ai commis beaucoup d’erreurs, mais j’ai pu les préserver (les pneus). C’était une course dure, mais une bonne course. »

Un moment clé de la course a été le tour 25, quand vous avez fait un dépassement incroyable sur Jack Miller à la chicane…
« Je pense qu’à ce tour, il a freiné un peu plus tôt qu’auparavant et j’ai freiné un petit peu trop tard. Je me suis donc dit « OK, je dois essayer quelque chose » car c’est un endroit où, au début du weekend et hier, je pensais qu’il était impossible de doubler. Je me suis dit qu’à coup sûr il ne s’attendait pas vraiment à un dépassement dans ce virage, et cela a fonctionné. »

Après les déceptions d’Assen et de Silverstone, est-ce un gros boost pour le reste de la saison ?
« Oui, un gros boost, car, depuis la FP1, peut-être pas la FP1 mais la FP2, j’étais toujours au milieu des Ducati. J’étais toujours dans le top 10 mais il y avait toujours au moins six Ducati et j’étais au milieu d’entre elles. Mentalement, c’était bien car vous en tirez des références, et nous savons à quel point elles sont fortes sur ce circuit : c’était très bien de voir leurs points forts sur cette piste. »

Pensez-vous que la configuration de la course, où vous avez longtemps roulé tout seul, a aidé à ce que votre pneu avant ne surchauffe pas ?
« Pas vraiment. D’abord, le pneu dur a été difficile à chauffer en début de course. Puis je sens directement si l’avant n’est pas excellent, et le seul virage où je peinais pas mal étais le numéro quatre. Mais d’une façon générale, l’avant était plutôt pas mal. »

Qu’est-ce qui était le plus important pour vous aujourd’hui : Perdre seulement 5 points sur Pecco ou en gagner 10 sur Aleix ?
« Les deux ! Au final, vous devez terminer devant vos adversaires. Clairement, je dois être attentif à Aleix, mais peut-être que je vais appeler Casey (Stoner) la semaine prochaine pour voir s’il a aussi un conseil pour moi (Rires. Allusion aux conseils donnés par Casey Stoner à Francesco Bagnaia). Ce serait super. »

Hier, Aleix Espargaró a dit que vous étiez de loin le meilleur pilote sur la grille aujourd’hui, et que si vous étiez sur la meilleure moto, vous seriez facilement loin devant tout le monde. Comment évaluez-vous votre niveau de performance ?
« Je n’aime pas dire si vous êtes ou pas le meilleur pilote. Actuellement, je sais que je donne le meilleur de moi et que nous avons certaines difficultés avec notre moto. Je m’attendais à ce que ce soit bien pire sur ce circuit car nous utilisons une boîte tellement courte que je peux rester avec Jack sur les premières vitesses, et ensuite non. Vous ne savez jamais. Bien sûr, maintenant, la Ducati est très forte, mais ce n’est pas seulement la Ducati : vous pouvez mettre une moto parfaite, mais si vous n’avez pas le pilote, vous êtes derrière. C’est difficile à dire. Je sens que je suis à mon meilleur niveau actuellement. Je ne veux pas être prétentieux mais c’est un joli compliment de la part d’Aleix. »

Pensez-vous toujours qu’Aleix Espargaró est votre principal adversaire, ou est-ce maintenant Francesco Bagnaia ?
« Pecco est l’homme des dernières courses, et j’ai dit qu’il était l’homme à battre. Il est actuellement le favori, depuis les dernières courses, mais bien sûr j’ai deux adversaires : Pecco et Aleix. Ensuite, nous verrons lors des prochaines courses. Je suis très impatient d’arriver à Misano et également aux manches outre-mer. Je pense que cela pourra être bien d’aller sur des pistes où nous ne nous sommes pas rendus depuis 2019. J’ai donc ces deux adversaires pour le championnat, mais j’en ai beaucoup plus pour les courses. »

Il y avait des pneus particuliers ici : Avez-vous eu des difficultés à y adapter votre moto et comment faites-vous pour adapter votre style de pilotage ?
« Pour moi, c’est toujours la même chose. Au final, notre moto n’est pas vraiment sensible à cela, même quand nous changeons des choses. C’est bien plus dur que de piloter par le passé, mais concernant la construction des pneus, cela ne change rien. »

À quel point la nouvelle chicane vous a aidé à rester avec les Ducati ce weekend ?
« Bien sûr, cela aide, car comme je l’ai dit ce weekend, dans les derniers tours j’ai pu rester avec Jack en deuxième et en troisième, mais il s’échappait un peu en quatrième : en quatrième, cinquième, sixième, c’est là où nous avons besoin de puissance et où nous en manquons. À la chicane, vous arrivez en quatrième, donc finalement j’ai fait mettre une boîte de vitesses très courte et cela nous a aidé à rester avec eux. Nous passions la sixième vitesse à deux endroits alors que normalement on ne le fait qu’à un. »

À la fin de la course, vous étiez très proche de Pecco. Pensez-vous que la victoire était possible avec deux tours de plus ?
« La course fait 28 tours pour tout le monde (rires), donc c’est toujours facile à dire qu’avec deux tours de plus… Bien sûr, mon rythme était très fort en fin de course, mais je suis arrivé trop tard. S’il y avait eu deux tours de plus… Je ne sais pas. Mais la course était terminée. »