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Fabio,vous n’avez pas pu vous battre aujourd’hui ?
Fabio Quartararo : « Non, c’était la limite. En ce moment, je suis plus qu’en colère et très frustré car je sais que j’ai donné mes 100 %, et je n’ai pas pu me battre pour mieux. C’est quelque chose que nous devons investiguer mais mon rythme était très semblable à celui des essais. J’ai senti que j’avais un rythme normal, mais il était impossible de doubler ou d’avoir la même façon de piloter que les autres. »

Quel a été le principal problème ?
« La chose, c’est qu’il n’y a pas eu de problème : Si vous regardez le rythme, j’avais le même que lors des essais. Quand j’étais derrière les Ducati, même si je n’étais pas très proche, je sentais que je ne freinais pas aussi tard que lors des essais, mais je sentais que tout le reste était OK, et que je me sentais plutôt bien sur la moto. Mais c’est le problème : Je ne suis pas mal, mais seulement cinquième. »

Qu’attendez-vous d’Aragón ?
« Aragón va être difficile, bien sûr, mais après nous avons le Japon, la Thaïlande et l’Australie où nous ne sommes pas allés depuis longtemps, donc espérons que nous aurons une très bonne surprise là-bas. »

Vous menez toujours le championnat mais Francesco Bagnaia est maintenant deuxième : Etes-vous un peu inquiet ?
« Non, je ne dirais pas inquiet mais je ne suis pas calme non plus. Pour moi, j’ai fait une très bonne course aujourd’hui, mais je suis seulement cinquième et à cinq secondes de la tête. Nous ne sommes pas dans une très bonne position : J’ai juste été plus régulier que Pecco, mais nous sommes très lents en ce qui concerne la vitesse. »

Pensez-vous que si vous aviez pu partir depuis la première ligne la course aurait changé ?
« Oui ! Tout dépend d’où nous sommes sur la grille, et de si nous pouvons doubler ou pas. Ici, j’ai doublé Aleix (Espargaró) car j’ai vu qu’il avait également des problèmes d’adhérence, donc j’ai pu essayer un dépassement. Mais avec les autres, je n’ai même pas pu essayer, donc c’est quelque chose qui me frustre plutôt, car je ne peux rien essayer et je ne profite pas comme d’habitude. »

Pouvez-vous faire une différence au championnat ou devez-vous miser sur une erreur de Pecco ?
« Pour faire une différence, je pense que j’ai déjà fait un très bon travail. Je sens que je suis à la limite, j’ai un très bon rythme, mais ce n’est pas suffisant et, aujourd’hui, plus que ça et je pense que j’aurais fini par terre en essayant de faire la différence d’une façon que je ne peux pas. Nous sommes vraiment arrivés à la limite de notre moto aujourd’hui. »

À un moment, avez-vous pensé que vous alliez pouvoir revenir sur Maverick Viñales et Luca Marini ?
« Oui, je me rapprochais, mais j’étais à la limite : A un tour, je suis parti tout droit dans le virage 10 et j’ai pu revenir sur Marini mais avec le couteau sous la gorge, donc même si j’étais derrière Marini, essayer de le dépasser n’était pas possible. »

La différence par rapport à l’Autriche, c’est que cette fois tu n’as pas pu y croire, où tu t’es dit que tu allais pouvoir revenir ?
« Non, ce n’était pas une question d’y croire, c’était une question que simplement on avait le même rythme que pendant les essais mais je n’arrivais pas à les rattraper et à tenter un dépassement. Même à la fin, quand je me rapprochais de Marini, je n’y arrivais pas : On a un style tellement différent que dès que je suis collé dans un virage et qu’il y a une accélération, il s’en va. C’est surtout ça qui ne me permet pas d’essayer un dépassement. »

Pecco est très difficile à suivre sur la deuxième partie de championnat…
« (rires) Ce n’est pas difficile de le savoir, quand on voit qu’il a gagné les quatre dernières courses. Donc ce ne sera pas facile. »

Comment essayer de stopper la machine Bagnaia ?
« En tout cas, ce ne sera pas moi en ce moment ! Là, je suis avec le couteau sous la gorge et je ne peux rien y faire : Franchement, j’ai tout donné, mais il y a trop une différence de style de pilotage et bien sûr de puissance. Quand on roule tout seul, on peut faire les mêmes chronos et on pense qu’on est comme eux, mais pour se battre vraiment pour la victoire, il faut vraiment être une demi-seconde plus vite qu’eux, sinon c’est mort ! »

Bagnaia a surtout progressé en régularité ou sa moto est plus performante qu’en début d’année ?
« Bien sûr, la moto est plus performante qu’en début de saison. J’ai un souvenir du test où il était vraiment en difficulté, mais je pense que c’est un petit peu normal : Par exemple, comme nous on a la moto depuis pas mal de temps, c’est sûr qu’on est bien directement dès les premières courses. Mais quand on fait des grosses évolutions et qu’on sait que ça va marcher, mais aussi qu’il faut du temps pour améliorer, c’est sûr qu’en début de saison il y a un peu plus de difficultés, mais en faisant autant de courses et de jours de roulage, la moto s’améliore et on prend le feeling avec. Ils arrivent à faire la différence et on voit très bien que depuis pas mal de courses on ne voit que des motos rouges devant. Je pense qu’ils ont fait un excellent boulot. »

Tu as cité les trois circuits où nous ne sommes pas allés depuis deux ans : Qu’est-ce que ça peut changer pour toi, en positif ?
« D’avoir le moins de données possibles : Ils n’ont pas vraiment de données des années précédentes, ils ont seulement des données de 2019. Sur notre moto, je ne pense pas qu’il y ait une très grosse différence, donc je pense qu’on peut peut-être avoir un avantage. Ça fait depuis 2019 qu’on ne va pas au Japon, en Thaïlande et en Australie, donc on espère qu’ils auront un peu plus de difficultés, même si je n’y crois pas vraiment (rires). Le Japon, l’Australie et la Thaïlande sont des circuits que j’apprécie énormément, donc on va essayer de faire des bons résultats. Il faut quand même trouver un peu d’espoir et de positif. »