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Fabio Quartararo : « Globalement, nous avons essayé de nouveaux réglages électroniques, et je voulais aussi essayer diverses choses concernant mon style de pilotage aujourd’hui en regardant certains points où Miguel était bien plus fort que moi. Donc, ce que je voulais essayer étais plus au sujet de mon style de pilotage qu’autre chose. Mais nous avons essayé des réglages intéressants que nous devons confirmer. C’était un test plutôt intéressant et nous avons aussi fait quelques essais de départ à la fin pour confirmer que nous sommes dans la bonne direction. »

Avez-vous eu besoin de régler le nouveau holeshot device ?

« C’est le même qu’au Mugello. Il a besoin de certains réglages mais je suis très heureux de mon départ : j’étais P1 au freinage. J’étais un peu perdu car c’était la première fois que j’étais premier au premier virage et je n’avais pas de référence. J’en suis donc satisfait mais il faut s’entraîner avec le holeshot device. »

Avez-vous essayé de nouvelles pièces ou le nouveau pneu ?

« Oui, Michelin a apporté un nouveau pneu arrière qui était très similaire au Medium. J’ai eu de bons retours avec ce pneu, et je pense que c’était pareil pour tout le monde. C’est la seule chose que nous ayons essayée aujourd’hui. »

Hier, vous avez dit que vous aviez eu des problèmes avec l’adhérence arrière…

« L’adhérence arrière était un peu étrange durant la course mais j’ai pu la gérer, peut-être pas de la meilleure façon mais ce n’était pas un problème. Disons que je pilotais avec feeling et que le pneu était bon et tout était OK. Durant le test, c’est complètement différent : si quelqu’un passe un nouveau pneu et fait une attaque de chrono en fin de journée, bien sûr il sera plus rapide qu’en qualification, car la piste devient progressivement noire, noire de caoutchouc. Parfois, il est également difficile de savoir et cela ne vous aide pas, car la piste est à chaque fois meilleure, et peut-être que vous essayez quelque chose et que vous sentez que c’est mieux. Je voulais donc rester calme concernant tout cela et c’est pourquoi j’ai terminé le test il y a une heure (ndlr : vers 16h30). »

Quels sont vos trucs pour rentrer mentalement en mode compétition ?

« Personnellement, ce qui m’aide beaucoup est la musique. J’écoute toujours de la musique avant de monter sur la moto, mais pas juste avant le départ car cela vous rend un peu nerveux. Mais avant la qualification et avant les séances d’essais, j’écoute toujours de la musique. Je n’ai toujours pas reçu de message de Maio (Meregalli) toujours de la musique très fort, donc je pense que j’aurais bientôt un message de sa part, mais cela est quelque chose qui m’aide pour être dans le mood. »

Quel genre de musique ?

« C’est plus du genre américain, Travis Scott, Kanye West, ce genre de musique. »

Utilisez-vous le ride height device également au freinage ?

« J’ai eu cette question vendredi dernier. Je ne l’utilise pas au freinage, je l’utilise dans certains virages mais pas au freinage. Je pense que tout le monde sait pourquoi nous avons le holeshot device, et ce n’est pas pour le freinage. Honnêtement, cela n’est pas quelque chose qui aide beaucoup donc je l’utilise pas vraiment au freinage. »

Vous avez dit que vous perdiez du temps sur Miguel dans certaines zones Quelles étaient-elles ?

« Je dirais les virages à gauche. Dans les virages à droite, j’étais très bien et c’était très similaire comparé à lui, même s’il avait un peu plus de problèmes pour plonger, mais il était impressionnant en entrée de virage. Du côté gauche, je me souviens et c’est pourquoi j’ai dit que je devais travailler sur mon style de pilotage : aux virages 7 et 8, Miguel était beaucoup plus rapide que moi en Moto2, et il est beaucoup plus rapide que moi en MotoGP. Je voulais donc améliorer cette zone aujourd’hui et aussi le virage 10/11 où il était au moins un dixième plus vite que moi aujourd’hui. C’est quelque chose que nous avons essayé d’améliorer avec le pilotage et avec l’électronique. »

Pensez-vous qu’à partir de maintenant KTM peut être un adversaire pour toutes les courses ?

« Oui, car ils ont prouvé l’année dernière qu’ils étaient super rapides. Pour moi, Miguel est l’un des pilotes les plus rapides du paddock. Donc oui, je pense qu’ils seront compétitifs : ils ont été rapides à Barcelone, rapides au Mugello… Ils sont rapides ! Miguel n’a pas connu le meilleur départ de saison, et c’est heureux que nous ayons pris quelques points d’avance sur lui, mais je m’attends à ce qu’il se batte pour le championnat. »

Quelles sont vos pensées au sujet de la deuxième pénalité que vous avez reçue hier ?

« Avant tout, je pense qu’en considérant ce qui s’est passé, maintenant que l’histoire est terminée, je peux être heureux ! Parce que c’est difficile à admettre, mais pour moi c’était un drapeau noir ! Je veux dire… C’est vrai que je me suis mis en danger moi-même, et également avec ce qui est arrivé la semaine dernière, je pense que c’était la chose correcte (à faire). Mais j’ai eu de la chance. La seule pénalité avec laquelle je ne suis pas d’accord concerne le raccourci, car je ne ressens pas ça comme correct. J’ai perdu 7 dixièmes mais si j’avais perdu une seconde la pénalité aurait disparu. Comment puis-je savoir sur la moto que j’ai perdu seulement 7 dixièmes et pas une seconde ? A cause de ça, c’était un peu stupide, mais j’admets la deuxième pénalité. Bien sûr, j’étais énervé, mais c’est mieux ça que zéro point. »

Le fait que l’équipement doit être correctement fermé figure dans le règlement, mais pas la pénalité. Pensez-vous que les choses devraient être plus claires ?

« Je pense qu’actuellement, pour la sécurité, plus il y en a et mieux c’est. Mais nous nous dirigeons maintenant vers des choses que je n’aime vraiment pas, comme (ce qui est arrivé à) Miguel et Mir dans le dernier tour au Mugello quand ils ont obtenu un “track limits “. Mais disons que ce n’était pas un franchissement des limites de la piste, qui est la partie à l’extérieur des vibreurs, alors qu’ils étaient à la fin des vibreurs. La même chose pour Joe Roberts au Mugello. Cela ne procure aucun gain! Concernant le raccourci, je ne suis pas parti tout droit parce que je voulais aller tout droit : j’ai perdu l’avant, j’ai presque chuté et j’ai tiré tout droit ! Si cela avait été des graviers à cet endroit, je serait allé dans les graviers. Donc j’ai perdu (du temps). Vous prenez une pénalité de trois secondes pour un raccourci mais le raccourci a été plus lent que la normale, donc ce n’était pas un raccourci !
Selon moi, les règles deviennent à chaque fois de plus en plus strictes et nous ne pouvons pas toujours être vraiment précis dans les trajectoires : nous pouvons faire des erreurs et je pense que cela enlève le côté amusant du spectacle. Nous ne sommes pas des robots ! Donc je pense que quelques petites erreurs devraient être accordées aux pilotes, et plus (de compréhension ?) quand on fait 24 tours à la limite. »

On a vu le mot que tu as écrit hier suite à la deuxième pénalité. Dans quel état d’esprit as-tu abordé cette journée de test : serein ou encore sous le coup des pénalités d’hier ?

« Sincèrement, j’ai écris ce mot hier (voir ici) mais je n’étais pas du tout énervé. C’est bizarre de ma part d’ailleurs, mais pénalité sur pénalité, et beaucoup de commentaires et beaucoup de personnes qui sont allées se plaindre alors que c’était totalement terminé, ça faisait trois heures que c’était fini, c’est pour ça que j’ai mis ce mot : je sais que ces personnes vont voir ce message ! Je sais la course que j’ai faite, j’ai fini troisième et sans ce problème je pense j’aurais pu faire deuxième, peut-être me battre pour la victoire même si pour être honnête je ne le pense pas car Miguel était vraiment très fort. Ce qui est bien, c’est que dans des moments très difficiles on a terminé à une sixième position malgré beaucoup de pénalités. Une, je l’accepte, la deuxième je ne l’accepte pas. On va dire la deuxième je l’accepte, la première je ne l’accepte pas. On va dire que je n’étais pas du tout énervé et que c’était intéressant pour moi de vivre aussi ce genre de moment : à Misano en 2020 j’étais très énervé, et là je l’ai plus pris à la rigolade qu’autre chose parce que je n’ai mis personne en danger à part moi-même. Tout s’est bien terminé donc je préfère le prendre à la rigolade. »

As-tu des détails sur ce qui s’est passé avec ta combinaison ?

« Non, pas du tout ! C’est un vrai mystère par ce que aucun pilote chez Alpinestars n’a eu ça pendant des années, des années et des années, et il fallait que ça arrive à moi ! Donc on essaie de voir ce qu’on peut faire : on a essayé un nouveau système aujourd’hui mais ce n’est pas très très très intéressant. Il va falloir travailler beaucoup plus pour avoir un truc vraiment en totale sécurité. »

Quel est ce nouveau système ?

« C’est mettre un velcro en plus pour avoir une sécurité. Mais ce n’est pas vraiment intéressant. »

Propos recueilli sur « paddockgp »